La viso-conférence intitulée “La question de la valeur dans l’art contemporain” a été enregistrée, vous la trouverez sous ce lien

Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui ce que l’on appelle l’art contemporain mérite une réflexion sur la question de la valeur ?

Autrement dit, existe-t-il une spécificité économique de l’art contemporain ?

Au cours de cet exposé, Je tente de montrer que la valeur économique de l’œuvre d’art ne peut se déterminer de façon autonome.

Cette limite du modèle économique et notamment du modèle du marché me permet de montrer comment un réseau d’instances de légitimation contribue à co-déterminer la valeur de l’œuvre d’art.

Cette analyse me conduit à proposer l’idée selon laquelle la question de la valeur nous pousse à nous interroger sur la place que notre société accorde à l’art et aux artistes, quels qu’ils soient.

En conclusion, je fais l’hypothèse que la nature de l’art est liée aux rapports sociaux de production qu’instaure notre société.

L’artiste ne devient légitimement productif que dans la mesure où il est aliéné, c’est-à-dire où il a besoin des moyens de production pour exister et sans lesquels il ne peut survivre en tant que tel. C’est ainsi que l’artiste est transformé en marque au service de ceux qui détiennent ces moyens de production.

Sortir de cette aliénation suppose alors de s’inscrire dans un engagement radical contre la domination qu’imposent les rapports de propriété, de pouvoir et de répartition.

Ce n’est qu’à cette condition que l’art, forcément aliéné, peut disparaître pour laisser place à la création autonome

Robert Majenti (Céret, novembre 20)