Juin – Août 2019 : Karine Maussière, Eaux et Montagnes

Karine Maussière.

Plasticienne, diplômée de l’école Supérieure des Beaux Arts en 1996 de Marseille, j’utilise la photographie dans ma relation au monde tout en interrogeant ma place dans la pensée écologique et mieux comprendre l’anthropocène.
Je construis mon écriture plastique sur la question du point de vue autour des dialectiques apparition/ disparition, construction/déconstruction de l’image et choisis de mettre le paysage au coeur de mes préoccupations. La quête d’une appropriation du paysage habite ma recherche artistique. Cette appropriation se fait par l’image mais aussi par le mouvement du corps. Depuis, la notion du mouvement est comme un leitmotiv.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce sont des territoires à la fois mentaux et corporels qu’elle élabore – il faut ici, pour bien comprendre ce travail, dépasser la traditionnelle dichotomie occidentale de la séparation du corps et de l’esprit, et préférer aux croyances judéo-chrétiennes les philosophies extrêmes-orientales. D’ailleurs, qu’il s’agisse des fusains ou des photographies, ces images entretiennent de profondes affinités avec la pratique de la calligraphie. Les crêtes sombres des vagues comme celles des rochers tendent vers l’abstraction, le dépouillement
formel, le minimalisme radical. Qu’il s’agisse des dessins ou des Polaroids, il est à chaque fois question de surgissement spontané. De révéler le mouvement qui fait trace.

Certains Polaroids sont agrandis en très grand format et imprimés sur un papier Japon qui renforce l’aspect pictural des images. Une manière de brouiller les pistes, de réduire la distance entre le geste du dessinateur et l’acte technologique de l’appareil-photo : un parti pris qui situe l’artiste dans la droite lignée de polaroidistes tels que, notamment, Knut Wolfgang Maron et Corinne Mercadier actifs dès les années 1980, et dans la tradition d’une certaine photographie dite « plasticienne » (CF. Dominique Baqué, La Photographie plasticienne, l’extrême contemporain, Éditions du Regard, 2004).

Les éléments primaires fondamentaux, l’eau, l’air, le feu et la terre, jouent un rôle important, ceux-là mêmes qui sont si chers à Gaston Bachelard qui écrit : « Nous voulons consacrer nos efforts à déterminer la beauté intime des matières : leur masse d’attraits cachés, tout cet espace affectif concentré à l’intérieur des choses. » ( La Terre et les rêveries de la volonté, Corti, 1948).

La « rêverie de la volonté », cette attention en apparence flottante, légère, aux éléments, n’est pas incompatible avec une forme de concentration extrême, comme en attestent avec une rare maîtrise et grande beauté les derniers travaux de Karine Maussière.
L’artiste remercie chaleureusement Yannick Vigouroux pour ce texte.

Dossier de presse Karine Maussière
Flyer Karine Maussière
www.karinemaussiere.com