Octobre-Décembre 2017 : Cathédrales de Jean-Claude Liehn

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Jean-Claude Liehn photographie depuis quinze ans l’architecture vernaculaire dans une démarche profondément égalitariste. Chaque demeure, chaque bâtiment mérite à ses yeux un regard attentif et parfois l’hommage que constitue l’acte photographique. Il aime rattacher cette approche à ce que nous ont enseigné quelques maîtres de la photographie, en particulier les Becher, Stephen Shore et Raymond Depardon. Il fait découvrir dans cette exposition l’un de ses sujets favoris : les silos et autres bâtiments agricoles qu’il appelle Cathédrales Agricoles

Cathédrales De 1959 à 2007, les allemands Bernd et Hilla Becher ont sillonné l’Europe, puis le monde, pour photographier avec rigueur les silos et autres bâtiments industriels. Ils les appelaient des Sculptures anonymes, témoignant par-là de leur beauté quasi involontaire.

« Leur haute silhouette dominait les étendues plates de ma Champagne natale, comme les cathédrales, les cités de la région. En venant prendre place à leur pied pour en saisir l’image, j’ai été de plus en plus séduit par leurs gigantesques tours de bêton ou d’acier, souvent marquées par les séquelles du temps.  Bien entendu, cet hommage à leur beauté n’est pas un éloge du mode de production agricole qu’ils symbolisent. La foi n’est pas requise pour aimer les cathédrales. Les Becher photographiaient en noir et blanc, mais leurs élèves de l’école Düsseldorf, souvent fameux (Andreas Gursky, Thomas Ruff, Thomas Struth…), ont utilisé la couleur et le tirage en grand format. C’est aussi en pensant à eux que j’ai réalisé ces clichés. »

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Juillet/Août 2017 : Ce que voit mon ombre d’Ymy Nigris

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Jeune artiste autodidacte, Ymy Nigris parcourt les sentiers du monde avec le regard d’un poète. Il a passé un an aux Beaux-Arts de Nantes, qu’il a quitté afin de voyager. Il a vécu notamment en Australie et à Berlin où il travaillait en tant que mixologiste. Il a quitté cette ville en octo­bre 2015, où il avait fini par ouvrir un bar, afin de consacrer son temps et énergie au développement de sa carrière artistique. Cherchant à explorer le concept de poème photographique, entre le documen­taire et le conte, questionnant l’humain et son rapport à l’environnement, son travail est marqué par sa pratique du dessin et de la peinture, ce qui l’amène aujourd’hui à se tourner vers l’apprentis­sage du tirage à la gomme bichromatée. Il vit ac­tuellement entre la route, des voyages et un petit village du sud ouest de la France.

« Je définirais d’abord mon travail à travers la couleur noir. Elle l’initie. Cette couleur en est le symbole. Simplement, le noir me fascine. Le noir du soi-intérieur. Du possible. Du subjectif. Il touche l’essence de toute chose. Lui, dont les scientifiques disent qu’il n’existe pas. Que l’humain ne le voit pas. Qu’il n’existe que par ses contrastes. Écrire alors avec de la lumière devient un paradoxe. Voir sans lumière.

De ses nuances, des paysages méditants naissent d’un inconscient rêvé. La solitude s’y exprime. Elle, qui nous apprend à vivre avec l’autre, est nécessaire. La plénitude s’installe. Cette histoire est au rythme de la marche, a le souffle du silence et offre le temps de la pause. La rétine se dilate. La contemplation y est invitée. Le magnifique est la porte ouverte à la réflexion, à une méditation du regard. Une quête spirituelle. Le sublime du quotidien est au choix de chacun. Un acte photographique plus émotionnel que prémédité, contant les poèmes d’un pèlerin à travers l’expérience du paysage.
 »

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/07/infostextes-.docx

Juin 2017 : Il ne neige plus de Frédérique Félix-Faure

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Frédérique Félix-Faure est née à Grenoble en 1975 et vit à Toulouse. Diplômée en 1999 de l’Ecole Supérieure des Arts et Techniques à Paris, elle s’installe ensuite à Toulouse en temps qu’architecte d’intérieur et photographe. Depuis 2008 elle se consacre entièrement à la photographie, cheminant entre un travail de photographie pour les architectes, précis et descriptif mais toujours dans une recherche d’émotion et de poésie, et un travail d’auteur intuitif et intimiste, loin de la rigueur architectural.

Vous savez. Cela ne se voit pas tout le temps, mais vous savez. C’est juste à côté du sourire, de l’insouciance, du sommeil, du jeu, un trentième de seconde avant, un quinzième après : quelque chose a lieu, une fulgurance sombre, une violente sensualité, une intranquillité, une possession, une balafre… Un éclair puis retour à la fiction de l’enfance lisse. Vous avez été ces distorsions maintenant immobilisées. Vous ne les serez plus. Instants saisis, morts aussitôt pris. Cela de vous disparaît.

D’entre ces failles monte une évidence : dans l’épaisseur de vos corps, vous savez. Vous savez qu’entre vous et nous, il y a du temps barbelé. Vous savez que vous devrez le franchir, ou plus exactement l’avoir franchi. Vous ne savez pas comment, par quelle effraction, quel démembrement, quelles secousses. Vous ne savez pas dans quel étirement de l’espace et du temps cela s’accomplira, mais vous savez qu’une fois du même côté que nous, quelque chose sera mort. Vous aurez en partie complètement disparu.

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/07/Infosettextes.doc

Mai 2017 : « Opium, chacun de nous est un désert… » de Soraya Hocine

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Soraya Hocine capture ses interrogations à l’argentique, avec des tirages en noir et blanc ou en couleurs. La photographie devient un moyen d’exprimer ses doutes, ses peurs, ses pensées, mais aussi une quête sur l’identité…

Les histoires personnelles, les parcours familiaux, les récits imaginaires sont autant de chemins photographiques qu’elle explore en croisant son regard avec les témoignages passés et les visions du présent. Evoluer dans un nouvel environnement, c’est aller vers l’inconnu. La mise en scène de récit permet à l’artiste d’apprivoiser ce qui l’entoure. Dans sa démarche photographique, rencontrer ces espaces, c’est une manière de se rencontrer soi-même. La photo devient le reflet d’une nouvelle réflexion sur soi et sur l’identité par l’utilisation, notamment, de l’autoportrait.

Dans l’expression de ses histoires personnelles, Soraya Hocine distille son imaginaire par la mise en scène d’un geste ordinaire, par l’absence et la mémoire, ou encore par la nudité comme signe de la vulnérabilité de chacun. Les photographies historiques, tirées d’albums de familles ou des archives croisent la création contemporaine, les images du passé rencontre celles du présent pour constituer une nouvelle réalité avec les fragments identitaires. L’identité est-elle la construction, l’union ou la dissemblance entre le réel et l’imagination ?

À la lueur de la poussière, Soraya Hocine compose le souvenir d’un portrait de famille volatile et pourtant inscrit dans la mémoire. De volatile, il n’y a pas que le temps à l’image de ces oiseaux empaillés cernant la filiation. Les êtres vulnérables ne s’imposent pas dans le groupe mais ils coexistent pour faire partie du monde.

Dans l’altérité se construit l’individualité. Le cercle familial est un espace refuge où les liens entre les individus se façonnent, se tissent et parfois se délient. Au sein des « pensions de familles » vivent des personnes marquées par l’expérience de la vie. Ici, les rayons du soleil éclairent une pièce abandonnée tel l’espoir dans un avenir incertain. « Contrairement à ce qui se passe en privé et dans la famille, dans l’obscurité des quatre murs, tout apparaît ici dans cette lumière que seule (…) la présence des autres peut créer.» Hannah Arendt

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/04/Infosettextes.pdf

Affiche A3 Soraya Hocine

Affiche A3 Soraya Hocine

Avril 2017 : Jachère de Sébastien Ronsse

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Le passé industriel est autant de traces visibles, immobiles et intimes. Il n’existe pas d’itinéraire tracé pour parcourir le paysage industriel en friche. Désertée ou transformée, la charge historique et sensible de la friche invite, suscite ou force le regard à une inimitié, un questionnement, un émerveillement.

Les photographies sur papier artisanal de Sébastien RONSSE nous plonge autant dans notre for intérieur que dans le vide. Un espace de liberté, de repos et de réflexion.

Je suis photographe plasticien, travaillant à Toulouse. En tant que photographe j’exploite les possibilités du numérique pour un plongée immersive dans l’univers de la friche, du monde industriel. Au début dans les usines textiles du Nord où ma famille a vécu, a travaillé pendant trois générations ; puis petit à petit j’ai pris conscience de cette richesse patrimoniale et aussi de cet espace de réflexion et d’activité qu’est la friche dans notre époque  contemporaine. J’ai exposé en 2011 à U4 sur le site du haut fourneau ma toute première série « Jachère », un documentaire photographique autour du regard sur l’usine dans le Nord et en Lorraine. En 2013, les rencontres photographiques de Solignac commande la série « chronique », un documentaire autobiographique, et photographique des années dans les friches.

En tant que plasticien je travaille aussi le papier en lien avec la photographie. Je le crée, le modèle pour en faire un support qui génère un point de vue différent de la photographie. Je suis inspiré par de nombreux courants ou photographes, notamment par l’école de Dusseldorf ou la photographie pictorialiste.

En 2016 j’ai mené une création collective avec 10 adolescents dans la commune de Belin-Béliet pour interroger leur rapport à leur espace quotidien et comment ils le perçoivent et pourraient le percevoir. Les jeunes ont été immergés dans la photographie : de la prise de vue jusqu’à la monstration.

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/03/Dossier-de-presse-Sebastien-Ronsse-Avril-2017-Lumiere-d-Encre-2017.pdf

AfficheA3 Sébastien Ronsse Lumière d'Encre Avril 2017

AfficheA3 Sébastien Ronsse Lumière d’Encre Avril 2017

 

Mars 2017 : A BOCCA CHIUSA 2 de Delphine Manjard

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A Bocca Chiusa désigne un chant à bouche fermée. Cette sélection datant de 2011 réuni
les muses de Delphine Manjard, la fascination dirige son regard, l’inconscient travaille à
la manière du coup de foudre. Les images sont faites au quotidien dans l’intimité, mais
la mise au mur ne s’écrira pas comme son journal intime. L’intension est de jouer sur
différents registre de fétichisation des êtres aimés, de les scruter jusqu’à les entendre
respirer dans les photographies.

Delphine Manjard est diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie
d’Arles. Elle a aussi reçu une formation hétéroclite : en sciences humaines, chant lyrique,
danse, et est aussi titulaire d’un DEA en histoire de l’art antique.
Son travail photographique repose essentiellement sur un désir d’entrer dans «l’intime».
Selon elle, elle n’a pour le moment réussi à atteindre qu’une proximité sensuelle, pas
encore l’intimité qu’elle recherche. Car c’est bien un rapport charnel à la photographie
qui l’intéresse.

Elle joue avec son « Objectif » de la même manière qu’elle compose avec les codes : non
comme une fin, mais comme le commencement vers autre chose.
Savants équilibres de maîtrise et d’intuitions, portés par un désir croissant d’atteindre
l’intimité de l’autre.

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/05/Infosettextesaveclien.pdf

Février 2017 : EXILE.S de Françoise Beauguion

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Françoise Beauguion situe son travail dans un entre-deux. Entre le documentaire et l’art,
entre la photographie et les mots, entre deux eaux. « J’aime ne pas appartenir à une
seule identité. Pouvoir changer de support, de technique photographique selon le sujet
que j’entame et jouer avec le regard des autres est une liberté que je ne cesse de vanter.
Détourner les idées préconçues est aussi une base de travail dans mes projets. Ayant
vécu en Égypte et ayant voyagé autour de la Méditerranée comme en Israël, en Palestine,
au Kurdistan irakien, en Iran, en Turquie, en Tunisie et au Maroc, j’ai pu constater
avec stupeur le nombre de préjugés que l’on peut avoir en France sur les pays arabes et
autres. Je comprends que les médias, les chaînes d’informations continues et internet y
sont pour beaucoup. Étant moi-même française, je trouve important de relier mes projets
réalisés à l’étranger à mon pays, avec mon regard qui ne peut être autre que celui d’une
femme française de trente ans. Pour questionner, créer des débats, montrer autrement
et peut-être ainsi, ouvrir des portes.

Aussi, j’ai eu la chance de travailler avec des amis journalistes en Égypte, des sujets
«grand-angles» pour la presse magazine française. Cela m’a beaucoup inspirée dans
ma pratique artistique que j’ai entamé quand j’étais étudiante à l’École Nationale Supérieure
de la Photographie d’Arles en 2006-2009. Depuis, j’aime travailler sur les thèmes
de la rencontre, des sujets qui interrogent et qui mènent vers des propositions pacifistes,
des mélanges de genres, de religions afin de créer de la confusion.
Et enfin, depuis trois ans, depuis ma rencontre littéraire avec l’auteure Marguerite Duras,
j’écris. Et j’ai eu la chance de voir mes premiers textes publiés dans la revue des Temps
Modernes. Aujourd’hui, je tente de relier la photographie et le texte dans mes projets. »

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/02/Dossier-de-presse-Delphine-Manjard-Mars-2017-Lumiere-d-Encre-20171.pdf

Décembre 2016 : Crust de Claude Belime

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Né d’un désir de connaître l’autre, son travail, issu d’une confrontation au monde, fut d’abord l’expression de rencontres humaines. Par la suite, il évolue vers une quête plus personnelle et tend à créer un lien entre l’espace du dedans et l’espace du dehors. L’intime se mêle à l’extériorité, il se crée une autre entité, « l’extime ».
Dans le cadre d’une photographie directe, l’artiste ne s’enferme pas dans une pratique unique ; il utilise de nombreux langages de la photographie d’aujourd’hui pour rendre compte de la complexité des choses. Sa pratique se développe dans une discussion avec le monde dans lequel nous vivons, que l’on transforme et qui nous nourrit. Par sa proposition, il cherche à provoquer une fêlure, une fissure chez celui qui la reçoit.
Photographe depuis plus de vingt ans, membre fondateur du collectif La Fenêtre et de Lumière d’Encre, qui organise des résidences d’artistes annuelles sur le médium photographique à Céret (voir http:// www.lumièredencre.fr), de la revue Regards (http://www.revue-regards.com/), mise en place et suivi d’observatoires du paysage, interventions pédagogiques régulières autour de la photographie, de son histoire et de ses pratiques et du paysage, images présentent dans différents fonds photographiques (CdbM Le Perreux ; Montpellier ; In Fine…) et collections privées…

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/07/Dossier-de-presseClaude-BELIME-décembre-2016.pdf

Octobre 2016 : Le centre de loisirs de Benjamin Le Brun

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Ce travail illustre à travers l’absurde et la dérision, la mutation actuellement en cours des centres commerciaux en France – à l’instar des « Malls » américains – qui, pour attirer plus de clients intègrent la dimension « loisirs » à leur offre, pour passer du lieu de vente, au lieu de vie. À travers le monde, c’est une mutation déjà en cours : piscine à vagues, accrobranches, pistes de ski, discothèques, parc d’attractions… sont intégrés aux centres commerciaux « nouvelle génération ».
Cette série toujours en cours est influencée par des photographes comme Martin PARR, qui a beaucoup travaillé sur le tourisme, Raymond DEPARDON, notamment pour la composition de ses paysages, le duo Epectase, Sacha GOLDBERGER, Dulce PINZON et Gregory CREWDSON pour la composition de leurs mises en scènes.

Dossier de presse : http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/07/Dossier-de-presse.pdf

Novembre 2016 : Days of grey de Benjamin Teissèdre

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L’Islande, ce n’est pas un hasard si Benjamin Teissèdre y a mis les pieds, sans y poser
son « pied photo » : Road trip=mouvement.
C’est un choix instinctif, une quête sensible pour trouver des paysages à l ‘image de
ceux, intérieurs, qui le gouvernent : oxymore, mélancolie, goût pour le « soleil noir » de
Nerval, tremblement de terre, volcans.
« On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux », dit le Petit
Prince. Voilà ce que tout bon photographe se doit de comprendre, car il n’est pas question
d’objectivité sous prétexte que l’on a un objectif vissé sur son appareil, mais plutôt
de saisir au vol les « splendeurs invisibles » de notre monde.
Et Benjamin Teissèdre d’écrire « on ne photographie bien que ce(ux) qu’on aime. A l’instinct,
à l’intuition(…)la technique fait place à la sensibilité , l’effet à la simplicité ».
Photographier, c’est comme respirer, ça ne se réfléchit pas, ça se fait. Enfin…tout le
monde sait que la simplicité vient d’un grand travail, qui faisait dire à Picasso « J’ai mis
toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant ». Simplicité n’est pas simplisme.

Seul souvent, sous le vent, je me déhanche, l’amour en bandoulière
Un oeil dans un arbre, un chien sur la plage de galets, un tapis
Une seule chose à la fois
Je sors mon appareil, comme on sort son chien pour pisser,
Quand la nuit rend aux corps sa part d’ombre, crépusculaire
Quand les pensées quittent leur cage
Dans le blanc, nu, au bas de la page
Dans le gris
Dans le silence des jours ordinaires
La vie sans la vie
Lumière sans lumière
Pour la peau, le talc, l’écorce du monde où bat ton cœur

Benjamin Teissèdre

Dossier de presse :http://www.lumieredencre.fr/wp-content/uploads/2017/07/Dossier-de-presse-B-Teissèdre-Nov-2016-web.pdf